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Georges Mathé

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Médecin cancérologue et scientifique de renom, Georges Mathé a consacré sa carrière à développer des approches thérapeutiques innovantes en hémato-cancérologie. Il est notamment célèbre pour ses découvertes dans l'immunothérapie appliquée à la lutte contre le cancer, en particulier contre la leucémie.

Interne, médaille d’or des hôpitaux de Paris, Georges Mathé s'engage dans la recherche en immunologie associée à l'hématologie, dans le laboratoire de Bernard Halpern où il rencontrera l'immunologiste américain Baruj Benacerraf, futur prix Nobel. Il travaille également avec Jean Hamburger, notamment sur les anomalies de l'eau et des sels en pathologie rénale.

Stagiaire au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York au début des années 1950, il se forme à l’hémato-cancérologie et aux nouvelles stratégies de chimiothérapie anti-cancéreuse. À son retour des États-Unis, il travaille avec Jean Bernard sur les leucémies de l’enfant à l’hôpital Saint-Louis. Il rejoint l'hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, en 1961, et fait construire l'Institut de cancérologie et d'immunogénétique (ICIG), qu’il dote d'une équipe polyvalente de recherche et de clinique, qu'il va diriger pendant vingt-neuf ans.

En 1958, il parvient à guérir des souris leucémiques par l'irradiation du corps entier, suivie de transfusion de moelle osseuse allogénique (issue d'une autre lignée de souris). Et, alors qu'il effectue des recherches sur ces greffes et étudie les questions des incompatibilités, il réalise, le 11 octobre de la même année, des greffes de moelle osseuse sur des physiciens irradiés accidentellement dans un réacteur nucléaire de Yougoslavie. Quatre patients sur six seront sauvés, ce qui eut un retentissement mondial. Ce traitement a donné le coup d'envoi aux greffes de moelle osseuse sur des patients leucémiques.

Georges Mathé démontre que la disparition des cellules tumorales n’est pas seulement due à l’irradiation appliquée pour le conditionnement de la greffe, mais qu’elle est achevée par une réaction du greffon contre les cellules tumorales, parallèle à celle du greffon contre les tissus normaux du receveur, d’où le terme d’"immunothérapie adoptive" qu’il donne à l’effet enregistré. Cette réaction ne se limite d’ailleurs pas aux cellules tumorales, mais affecte également les tissus normaux de l’organisme receveur, portant, en pareil cas, le nom de réaction du greffon contre l’hôte (Graft versus Host, GvH). Ce type de réaction peut également survenir lorsque sont réinjectés à un receveur ses propres lymphocytes, prélevés avant un traitement destiné à détruire des cellules tumorales. Enfin, des réactions du greffon contre l’hôte, éventuellement létales, peuvent survenir après des transfusions banales, voire après des transplantations d’organes. Georges Mathé mène des recherches avec le chirurgien américain Thomas Starzl sur la possible existence, chez des receveurs, de lymphocytes du donneur du transplant, ce qui porte le nom de microchimérisme ou chimérisme partiel. Il réalise avec succès une greffe de moelle osseuse après irradiation totale pour soigner un patient leucémique en 1963.

Georges Mathé, s’il a joué un rôle majeur dans le développement de l'immunothérapie, a également fait progresser la chimiothérapie. Il a ainsi joué un rôle essentiel dans le développement de plusieurs molécules importantes, parmi lesquelles la bestatine et l'oxaliplatine, et dans le développement des poly-chimiothérapies et de la chronothérapie.

Au début des années 1980, hématologue et immuno-thérapeute, Georges Mathé s'est spontanément intéressé au sida. Il met au point un traitement, à base de plusieurs molécules données en alternance pour limiter les toxicités et les résistances, plusieurs années avant l'arrivée des trithérapies.

Outre ses travaux scientifiques et son activité clinique, Georges Mathé a été un acteur important de l’organisation de la recherche en France. Conseiller technique au cabinet de Raymond Marcellin, ministre de la Santé publique, il participe activement à la création et à l’élaboration des statuts de l’Inserm en 1964, qui a fait suite à l'Institut national d'hygiène. Il a participé également à la création du Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon, dont l’idée revenait à Antoine Lacassagne, célèbre cancérologue. Il crée, puis préside de longues années l’Organisation européenne de recherche du traitement du cancer (OERTC), qui fut et demeure la première institution de recherche coopérative du Vieux Continent.


En hommage à sa brillante carrière de clinicien-chercheur et de pionnier de la recherche translationnelle et individualisée, le prix Georges Mathé a été lancé en 2011 par l'Institut du cancer et d'immunogénétique (ICIG) de Villejuif, en partenariat avec la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), qui promeut l'innovation thérapeutique et la recherche translationnelle en cancérologie et immunologie. 


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